Make Africa 2025 au Bénin : fabriquer la ville africaine de demain

Alors que le réseau des fablabs français, RFFLabs, ouvrait sa grande rencontre annuelle Octobermake, nous recevions un appel de notre ami et partenaire Medard Agbayazon, fondateur du Blolab et de l’école 229 au Bénin, président du Réseau des Fablabs Francophones d’Afrique de l’Ouest (ReFFAO), en pleins préparatifs pour la grande rencontre continentale annuelle programmée au Bénin, Make Africa.

Le Climate Change Lab étant partenaire historique de ce réseau, notamment au travers la mise en oeuvre commune de « La forge d’adaptations Nord-Sud », nous avons été invités à participer, mais en avons aussi profité pour échanger avec le Réseau Français des Fablabs, autre partenaire historique. Or il se trouve que ce dernier lance actuellement en partenariat avec la Fondation de France et la Fondation Orange le projet « Communs d’urgence ». Un projet stratégique que nous suivons depuis sa genèse et qui comprend un appel à candidatures ouvert à l’étranger pour créer des prototypes et organiser des ateliers : le challenge « Imagine makers » de la fondation Orange.

Nous avons donc proposé à tous de représenter le Climate Change Lab, mais aussi le Réseau Français des Fablabs et le projet « Communs d’urgence » dans cet événement. Nous avons pu alors être officiellement mandatés (merci Amélie Tehel, Jeanne Piacentino).

Make Africa est un événement lancé en 2018 et qui rassemble tous les fablabs d’Afrique de l’Ouest, pour partager les bonnes pratiques, accélérer les projets collaboratifs, augmenter les échanges du réseau avec les secteurs gouvernementaux, académiques, économiques et solidaires, relever des défis lors de hackathons. Cette édition exceptionnelle se tenait du 4 au 8 novembre 2025 à Abomey-Calavi, commune limitrophe de Cotonou au Bénin, sur l’immense campus universitaire du pays.

le Campus de l’Université d’Abomey-Calavi -UAC) au Bénin


Nous étions programmés pour une présentation sur le projet « Communs d’urgence », mais au fil de l’événement nous avons pu contribuer plus largement en faisant 5 interventions à la demande des organisateurs.

Assemblée Générale du ReFFAO au Blolab – Bénin.

Le 3 novembre, avant l’ouverture officielle, notre président Hugues Aubin était accueilli comme un frère par les fabmanagers et représentants du ReFFAO dans l’assemblée générale qui s’est tenue toute la matinée et conclue par l’élection du nouveau bureau.

A midi, c’était le lancement de l’impressionnante plateforme de documentation mutualisée par le réseau, et mise en place en partenariat avec Tiers-Lieux Edu : Fabricadoc-ReFFAO. Un outil testé par nos soins lors de notre périple au Sénégal en juin autour des méthodes d’enseignement observées avec les non-voyants dans la commune de Ziguinchor en Casamance. Nous avons pu réaliser une intervention de 30 minutes sur l’importance de la documentation pour les lieux du faire, mais aussi rappeler quelques bonnes pratiques permettant de ne manquer aucune étape essentielle.

Hugues Aubin présente les fondamentaux de la documentation dans les lieux du Faire.

Erwan Vappreau et Catherine Villeret, co-présidents de Tiers-Lieux Edu, se sont ensuite connectés en visio-conférence et avec Nonhouegnon Raoul Letchede et de Marie-Auxiliatrice Da Silveira (de la merveilleuse équipe du Blobus), ont procédé à la création et la validation des comptes des fablabs du sud sur la plateforme. Cette journée étant celle des fabmanagers, nous avons pu également disposer de 30 minutes en début d’après-midi pour leur présenter dans le détail le challenge Imagine Makers et ses modalités de participation.

Catherine Villeret, Erwan Vappreau de Tiers-lieu Edu en dupleix depuis la France

Ce premier jour était fort en émotion car nous avons pu retrouver de très nombreux amis porteurs de projets au sud ! Le lendemain, le 4 novembre, ce fut ouverture officielle de l’événement dans l’amphithéâtre Idriss Deby de l’Université d’Abomey Calavi (UAC). Le programme, ambitieux, se déroulait sur 4 espaces principaux : un espace de pleinières et de tables rondes parfaitement couvert en captation et diffusion vidéo, un espace pour les organisations associées (Wikipédia) et le hackathon « Fabriquer la ville de demain », un espace de stands extérieurs pour les entreprises et projets d’entreprises, et Make Africa TV, un plateau d’enregistrement de haute qualité qui tournait en permanence.

Cette édition exceptionnelle était donc organisée autour du thème « Fabriquer la ville africaine de demain ». Celui-ci a pu être abordé sous de nombreux angles, avec des expert(e)s de haut niveau à la fois en sciences « dures » (chimie, climat, sciences de l’environnement…), en sciences humaines (sociologie, histoire, archéologie, promotion des arts), et bien entendu sur la ville (architecture et urbanisme…).

Les enjeux sont juste énormes pour les années à venir : la population urbaine africaine a doublé au cours des 2 dernières décades, pour passer de 200 à 400 missions de personnes. En 2050 on estime qu’ils seront 1,2 milliard. 60% des habitants de ces villes souffrent d’infrastructures défaillantes et/ou sont dans des habitats précaires. Make Africa se positionne pour chercher des solutions durables à ces problèmes.

Nous vous invitons à découvrir le programme de cette édition mais aussi à prendre le temps d’aller regarder les archives vidéo des nombreuses interventions réalisées et pour la plupart passionnantes. Les acteurs africains sont intelligents, déterminés, et ouverts. Ils prennent à bras le corps le chantier du futur en restant connectés à leurs racines, créatifs et solidaires.

Présentation de « Communs d’urgence » et du challenge « Imagine Makers » – Hugues Aubin CClab

Nous avons eu la chance de présenter le projet Communs d’urgence et le challenge Imagine Makers le mercredi 6 novembre en pleinière (archive vidéo sur le compte facebook de l’événement, à partir de 1h38), puis de participer à la table ronde sur Électrifier, rafraîchir, gérer les déchets et décarboner la ville (archive vidéo) avec un panel impressionnant d’experts, au titre du Climate Change Lab le jeudi 7. Mais aussi faire un plateau TV qui sera prochainement diffusé avec notre ami de toujours Modou Ngom du Senfablab de Dakar.

Pour terminer, nous avons eu l’honneur de siéger au jury du Hackathon « Fabriquer la ville africaine de demain » le samedi 8. Le premier prix est allé à un projet agricole venu du Niger. Un choix bien aligné sur la conviction que l’agriculture urbaine est à prendre très au sérieux dans le contexte climatique à venir…

Présentation des projets du hackathon et questions du jury – Dodji Honou – Diarra Sylla – Hugues Aubin

Impossible de passer outre la dimension humaine, avec beaucoup de retrouvailles que notre président Hugues Aubin à relayé sur son compte personnel Instagram. 29 degrés à l’ombre, les couleurs et saveurs du sud, la rumba congolaise omniprésente: madame l’Afrique a tant de charmes qu’on n’y résiste pas. Mention spéciale au Blobus, un projet extraordinaire de bus école/fablab itinérant, alimenté par des panneaux solaires et connecté, qui parcourt les villages du pays avec une extraordinaire équipe…et deux volontaires françaises dont le départ a été facilité par nos amis du Réseau Bretagne Solidaire.

La fameuse amazone de Cotonou.

Nous avons lors du vol retour, le 9 novembre, également compris que notre petite association reste un connecteur puissant entre de grands réseaux. Et une structure de défense et de promotion des communs pour construire le « monde d’après ». Merci à tous et toutes pour votre confiance et les espaces de partage offerts sur cet événement exceptionnel ! Pas mal de graines de projets semées : à suivre !

Le Climate Change Lab remercie encore le RFFLabs, Le ReFFAO et la Fondation Orange pour cette opportunité et espère avoir porté la cause des communs et la parole des partenaires, en apportant sa vision de toujours : « faire, apprendre et partager pour faire face à ce qui vient ».

Homemade 2025 : au pays des merveilleux

CC by SA 4.0 – Salome – SGMK

Au mois d’août, après la mission effectuée au Sénégal avec nos amis du Senfablab de Dakar en direction des élèves non-voyants de Ziguinchor, l’équipe de Makery.info, le média de référence sur les lieux du faire, organisait un événement exceptionnel, le Labo Art Retreat, sur l’île de Batz et au chateau de Kerminy.

Affiche de l'événement Labo Art Retreat


Cette rencontre internationale de créateurs et prototypeurs s’inscrivait dans le contexte du programme Archipelago, une coopération culturelle entre la Suisse (SGMK/Homemade), la France (ART2M/Makery) et le Japon (Sonda Studio), pilotée par ART2M et avec le soutien de Pro Helvetia, fondation suisse pour la culture.

Nous n’y avons pas participé, mais nous étions déjà trés intéressés par le croisement entre prototypage, art et écologie lorsque nous avons alors été invités par l’équipe de ART2M/Makery à participer à un autre événement : Homemade 2025, qui s’est tenu en Suisse à 40 km à l’est de Zürich entre le 1er et le 10 août 2025.

Affiche de Homemade2025 – CCbySA NC 4.0 Dusjagr source

Il est difficile de restituer avec des mots une expérience totale, mêlant auto-organisation collective réussie sur tous les points de la vie quotidienne (équipes de ménage, cuisine, répartition des ateliers avec les enfants, démonstrations, essais et installations sur site), pluri-culturalisme (participant.e.s venant de Taïwan, Angleterre, Espagne, Slovénie, Suisse…), et où une communauté installe plusieurs tonnes d’outillage partagé et des espaces de travail qui vont vibrer d’activité dans les mains de créateurs pendant plus d’une semaine, jour et nuit.

Le bitwashereï

Le premier choc fut, la veille du début de l’événement, l’arrivée au Bitwashereï de Zürich. Cet espace exceptionnel regroupe plusieurs collectifs suisses dans un immense immeuble autrefois utilisé par la ville. On y découvre des centaines d’objets qui sont autant de pépites posées sur les tables, accrochées aux murs, dans la liberté de création la plus totale.

Le Bitwäshereï de Zurich – cc by SA François Robin de Makery.info

Même si la dimension de partage d’outillage, et de documentation dans le bien commun au travers l’usage du wiki nous rappelle les fablabs, ici tout semble permis, et les couleurs, formes, objets détournés, rampes lumineuses et stickers créent une ambiance vraiment exceptionnelle : on est dans une sorte de vaisseau onirique, un espace des possibles jamais épuisés, toujours parcourus, et partagés partout sur les murs, les tables, voire suspendus au plafond. Un endroit où l’on pourrait passer des heures à examiner, essayer et comprendre ce que l’on voit, touche, entend. Et où on est vite contaminés par le besoin de faire, d’essayer.

Nous y avons été accueillis par Marc Dusseiller de la SGMK, la Société Suisse de Mécatronique et d’Art, qui anime la communauté du Bitwasherëi (Littéralement la « lessiveuse de bit » !) et avons partagé le repas collectif préparé dans la cuisine du lieu, située au centre de l’espace.

La cuisine du Bitwasherei de Zurich – cc by SA François Robin de Makery.info

Une logistique impressionnante pour « fabriquer n’importe quoi »

Deuxième choc, l’ambition logistique. Le lendemain matin, après avoir été hébergés dans un appartement à Zürich, nous avons prêté main forte à l’équipe du Bitwashereï pour charger du matériel et de l’outillage destinés à rejoindre le lieu de l’événement Homemade 2025, à Salenstein-Mannenbach, en bordure du lac de Constance.

Camion, transpalette, monte-charge, matériel et outillage trié, préparé et plastifié ainsi que d’énormes barbecues pour satisfaire une centaine de personnes… Plusieurs tonnes d’outillage parfaitement fonctionnel, de consommables, allant aussi bien du matériel électronique jusqu’à l’outillage à bois, les imprimantes 3D, matériel de soudure acier…
Tout cela a ensuite été acheminé sur le site de l’événement, à Salenstein-Mannenbach, puis réparti pour créer trois zones de travail : électronique, bois et mécanique, et « dirty » place pour les opérations plus lourdes comme le travail du métal.

Le début du chargement de l’outillage au Bitwhasherei de Zurich – cc by SA Climate Change Lab.


Une (auto) organisation collective entre liberté et responsabilité

Troisième choc, la communauté. En effet Homemade 2025 n’est pas un événement où l’on vient pour suivre des ateliers, des formations, et consommer un programme pré-défini. Homemade 2025 est un rassemblement auto-construit par les participants.

Tableau d’appel à contribution général (logistique, espaces, agenda de performances, talks, actions) – cc by SA Climate Change Lab

Ceci signifie que dès le premier jour, des tableaux vierges ont été affichés dans le bâtiment principal avec un zonage des espaces dédiés, une réunion collégiale organisée pour demander à tous et toutes de remplir les tableaux pour participer aux équipes de ménage, cuisine, courses, des posts-its pour proposer ateliers et conférences, animations enfants…

Voir cette logique contributive bien connue sur les wikis retranscrite dans le réel par une centaine de personnes capables d’installer trois zones d’ateliers en une journée (y compris avec de l’outillage dangereux, et la gestion de la sécurité), d’acheminer une alimentation électrique adaptée dans un chalet annexe pour les prototypeurs sonores, de gérer la totalité de la logistique (trois repas par jour pour 100 personnes) en auto-organisation donne de l’espoir, mobilise et motive !

Nos contributions

Pour notre part, nous avions ramené avec nous une Braillerap, projet né au sein du Humanlab de MHK et porté par Stéphane Godin, car une machine nous a été mise à disposition par l’édulab de l’Université de Rennes 2, ainsi que plusieurs kits de Sylvestre Orchestre la musique des plantes. Installés dans l’espace de prototypage électronique dans un chalet nous avons d’abord réparé et réglé l’embosseuse Braille qui avait souffert du voyage, avant de proposer trois sessions.

Présentation du projet Braillerap sous l’angle « How to make more than machines » – cc by SA Climate Change Lab


> Une session de partage sur le projet de communs documentaires ForgeCC, assez décalée au milieu de prototypeurs, mais trés bien accueillie par la communauté. Nous avons partagé les réussites mais aussi les faiblesses du projet en proposant notre protocole (contrat de commun, mentoring en documentation) et les ressources co-produites avec les camarades du sud.

> Une session de présentation du projet Braillerap orienté autour de la manière de faire ensemble pour « Faire plus que des machines », en suscitant des dynamiques de coopération durable entre les personnes physiques et morales participant aux ateliers. Cette présentation fut suivie d’essais joyeux et déraisonnables poussant mécaniquement la machine dans ses retranchements, et que nous avons documenté par ici.

> Enfin, un impromptu de musique des plantes outillé par le dispositif Sylvestre Orchestre, où nous nous sommes branchés en extérieur et avons pu faire chanter arbustes et fleurs ainsi qu’offrir un capteur au SGMK avec les liens de documentation.

Prise de vue depuis l’intérieur du « Hacklab » – CC by sa Climate Change Lab

Le trou de lapin, la création non stop

Au final, le lieu de l’événement, en pleine nature, a permis à tous et toutes d’inscrire dans le ciel (avec les incroyables aéronefs construits sur place), dans et sur l’eau, l’air et avec la lumière du soleil, les expériences et prototypes multiples réalisés et démontrés sur place. Avec des lignes de fuite dans les domaines de la robotique (Brushograph, Braillerap), du son (hydrophone, modules multiples tels que ceux de Gaudi labs, Error instruments), de la vie cellulaire (Hackuarium, Maya Minder), de l’énergie (Abao…), etc.

Passage de cellules solaires DIY au séchage UV – CC by SA Climate Change Lab

Le ressenti lors d’un tel événement est celui d’Alice quand elle tombe dans le trou de lapin dans le fameux conte de Lewis Caroll. On est dans une TAZ (Temporary Autonomous Zone) ou Zone d’Autonomie Temporaire dans laquelle se succèdent les découvertes de mondes interconnectés par des tunnels de serendipité, mondes remplis de sons, couleurs, textures ouvrant des perspectives nouvelles. On s’aventure chaque jour dans ce labyrinthe donnant sur des espaces-temps alternatifs, chacun rempli d’expériences complètes ressenties autant avec le corps qu’avec l’esprit.

Nous sommes remplis de souvenirs, mais aussi de gratitude et d’espoir grâce à cet événement exceptionnel qui a en quelque sorte installé un monde alternatif dans lequel la confiance et la liberté permettent le partage inconditionnel des inventions et découvertes dans le bien commun de l’humanité au travers une documentation ouverte des livrables (codes sources, plans, ressources).

Un modèle d’organisation collective à rebours de celui qui semble à bout de souffle dans l’anthropocène, et que l’on retrouve au retour. Un monde balisé, basé sur une définition stricte des rôles et des espaces laissés aux possibles.

Merci donc à ART2M/Makery, à la SGMK et à tous ceux et celles qui ont fait de cet événement un feu ardent où se sont forgés ou renforcés les liens, compétences et projets entre tous les participants !

Les suisses ont certes de beaux paysages, mais aussi un savoir-faire ensemble et une communauté qui sait partager, et semer !

Voir le wiki de la SGMK et la page dédiée sur Homemade 2025.
Ecouter l’interview de Simon Berz réalisé par Ping sur place et retranscrit par Makery

Nouvelles de Ziguinchor

Pour rappel le Climate Change Lab est actuellement représenté au Sénégal dans le cadre d’une invitation du Senfablab, opérateur du projet inclusif « La technologie au service du Handicap », lui-même soutenu par My Human Kit.

Objectif principal aller rencontrer les pédagogues, acteurs associatifs et élèves à l’autre bout du pays, à Ziguinchor, pour observer, concevoir, tester des usages et méthodes outillés par la fabrication numérique et permettant de scolariser des élèves non ou mal voyants en milieu ordinaire. Cette mission s’est déroulée fin mai 2025 avec une partie de l’équipe du Senfablab.

Ziguinchor et la Casamance sont renommés pour leurs arbres magnifiques.
¨Photo cc by SA Climate Change Lab

Un bonus avec l’embosseuse Braillerap

L’équipe du Senfablab avait déjà quasi-terminé l’assemblage d’une imprimante braille de type braillerap plus d’un an auparavant, mais n’avait pu la mettre en marche à cause de problèmes logiciels. 80% des pièces détachées étaient donc déjà imprimées en 3D, et la visserie était disponible sur cette machine. Nous avons donc décidé d’en fabriquer une en état de marche avec ces moyens du bord, afin de la ramener à Ziguinchor avec nous.

Test de la carte électronique sur la machine avant démontage

Nous avons d’abord vérifié la carte électronique, diagnostiqué l’état de la boîte, de la mécanique, puis procédé au démontage, et nettoyage de chaque pièce. Le Senfablab ne pouvant pas utiliser ses machines pour cause de travaux a ensuite contacté la DER dont l’atelier de formation a réalisé des découpes laser pour refaire totalement le boîtier, avec des pièces en bois et des pièces en PMMA (type plexy transparent). Merci à eux !

La braillerap sénégalaise fonctionnelle version bois

Durant trois jours et nuits, nous avons ensuite à l’aide de toutes les pièces et vis nettoyées remonté d’abord une machine fonctionnelle avec un boitier bois, puis décidé de rendre la machine plus belle et rigide. Nous avons alors procédé à un démontage par blocs, prélude à un nouveau remontage dans le boitier transparent.

Remontage terminé, la braillerap sénégalaise est maintenant transparente 🙂

A la veille du départ pour Ziguinchor, par le car qui traverse le Sénégal et la Gambie, nous avions une machine fonctionnelle et du papier assez épais pour faire des tests. En effet, l’équipe du Senfablab est redoutablement efficace 🙂

On a réussi à ramener une braillerap fonctionnelle à Ziguinchor !


L’éducation inclusive à Ziguinchor : une dynamique formidable

Une fois sur place nous avons été reçus et soutenus par le représentant du recteur d’académie ainsi que le référent du programme d’inclusion,et l’incontournable INEFJA.
Nous avons alors installé une imprimante 3D et une embosseuse braille #braillerap dans une des salles du lycée Public Djignabo.

Aminata Barry, Dembo Manga, Michel Nassarlé, les talentueux élèves

Plusieurs élèves de cet établissement, non ou mal voyants, sont les premiers à brillamment être admis en filières scientifiques, sur tout le pays. Mais même si c’est une fierté que d’avoir réussi à assurer une scolarité à ce niveau en milieu ordinaire, cela demande énormément d’inventivité et de travail aux professeurs et aux élèves.

C’est là qu’interviennent notamment les militants associatifs de l’INEFJA, ainsi que des personnages hors-normes comme Monsieur Baba Gadje, professeur de mathématiques non voyant. Sans relâche, ils cherchent et trouvent avec les enseignants des solutions inclusives : enseigner le braille aux professeurs voyants, réaliser des ateliers « comment partager un repère orthonormé et faire réaliser les mêmes exercices à des élèves voyants et non voyants », etc.

« Linclusion est une norme, et non une exception » : tout est dit !

Voir un cours donné par un enseignant non voyant à des enseignants voyants souhaitant inclure tous les élèves, et totalement concentrés sur la recherche de solutions pour partager les énoncés, arriver à faciliter les devoirs, montre à quel point le travail réalisé chaque jour en coopération par les acteurs éducatifs de Casamance est important. Pour nous, cette coopération de longue date, d’ailleurs déjà épaulée par le Senfablab, est vraiment remarquable.

La Braillerap a suscité un grand intérêt, et passé tous les tests (lecture de textes, plans, formes d’animaux, batiments…). Il s’agissait de la première embosseuse de ce type assemblée et montrée au Sénégal, et nous avons pu échanger, tester, à la fois avec les élèves et les professeurs.

Cas d’usages pédagogiques

Nous avons installé une imprimante 3D ainsi que l’embosseuse braillerap dans une salle et travaillé durant deux jours avec des professeurs, des élèves, et des membres de l’INEFJA.

L’objectif était de pouvoir accompagner les élèves non et mal voyants qui sont les premiers à réussir à intégrer les filières préparatoires au baccalauréat scientifique. Etaient donc notamment présents des professeurs de mathématiques, de sciences physiques, de Sciences de la Vie et de la Terre…

La première journée a permis de partager les possibilités techniques de la machine en les croisant avec les méthodes pédagogiques inventées par les professeurs ce qui permet d’aller sur les vrais cas d’usages.

Repère orthonormé utilisable  pour tracer des segments aux coordonnées indiquées – Méthode de M.Baba Gadje.


Parmi les possibles démontrés
(L’embossage consistant à créer du relief en frappant le papier pour créer des points avec la machine braillerap).

– L’embossage d’énoncés d’exercices (access Braillerap)
– L’embossage de cartes géographiques
– L’embossage de repères orthonormés annotés (axes, origine, graduations) permettant de faire réaliser des exercices de géométrie en utilisant ces pages sur du carton épais avec des punaises et des élastiques pour tracer des segments de droites sur des coordonnées précises.

Prototypage rapide d’un repère orthonormé à la Braillerap – Hugues Aubin d’après Baba Gadje


– La transformation de schémas de manuels scolaires en schémas de principe tactiles. Ce travail déjà réalisé par un professeur avec de la patte à modeler peut être répliqué en traçant le schéma de principe sur un papier avec un marqueur noir. En prenant ce schéma en photographie avec un téléphone, on peut ensuite le vectoriser et l’annoter avec le logiciel desktop braillerap. Une fois de plus le vrai travail est fait par le pédagogue (schématisation et informations utiles). Mais la machine fait gagner beaucoup de temps…
– L’embossage de formes d’animaux (SVT), possibilités d’annotations anatomiques.
– En géographie, embossage de cartes notamment du Sénégal
– Création rapide de plans de situation de batiments pour les nouveaux élèves (Open street touch).
– Fabrication de signalétique et outils pédagogiques solides embossés sur de l’aluminium de canettes de soda.

L’enjeu

Au delà de l’enjeu de permettre aux élèves et aux professeurs méritants de poursuivre jusqu’au baccalauréat, avec de l’outillage adapté et souple, émerge un autre enjeu encore plus grand car la Casamance est de longue date une région pilote pour le Sénégal sur les pratiques pédagogiques.

L’enjeu est donc de pouvoir implanter localement sur l’académie de Ziguinchor des usages partageables par la communauté inclusive et pédagogique en irrigant d’abord les villes et les établissements où l’INEFJA accompagne l’accueil de jeunes personnes en milieu éducatif, notamment Saint-Louis, et Thies.

Mais ensuite se pose la question des autres établissements et professeurs au Sénégal. Si cela marche, pourquoi ne pas élargir la démarche au pays ?

L’imprimante 3D : championne des formes

Présentation de l’imprimante 3D par la team Senfablab


L’imprimante 3D a été présentée par les talentueux membres du Senfablab qui étaient de l’aventure : Mamadou Ka et Gagnessiry Fall. Alors qu’elle est beaucoup plus lente que l’embosseuse, ses livrables sont solides, durables, et précis. Voir l’émotion d’un lycéen non voyant passionné de maths touchant un cube parfait est inoubliable.

Le premier jour d’atelier était déjà très riche, et Mouhamadou Ngom, le fondateur du Senfablab, a décidé de parier directement sur la suite en organisant deux ateliers simultanés durant le deuxième jour, avec une formation aux traitements logiciels nécessaires pour utiliser les machines.

Hugues Aubin a effectué l’atelier braillerap en deux sessions sur les logiciels de pilotage de la braillerap et la vectorisation rapide d’images sous inkscape, tandis que la team du Senfablab assurait de même pour l’impression 3D.

La dernière partie de l’atelier a été passionnante comme temps de mise en commun des ressentis et perspectives du point de vue des professeurs, de l’INEFJA, des élèves, mais elle a aussi permis au Senfablab de rappeler que ces solutions techniques n’ont de valeur que dans un contexte d’accompagnement, de maintenance et de formation, avec la communauté présente, et sur la durée.

L’intervention de M.Modou Ngom (Senfablab) appelant à élargir les possibles.

Modou Ngom a rappelé qu’au delà de ces machines, de trés nombreuses solutions peuvent être apportées par la fabrication numérique sur la question du handicap. Bravo à lui !

La télévision « La voix du sud » était de la partie, et mieux qu’un focus sur les machines, elle s’est appliquée à partager le quotidien de ces élèves courageux, notamment le fameux Michel.

Nous vous invitons à regarder le sujet filmé pendant les jours d’ateliers.

La suite annoncée le dernier jour concerne le déploiement d’imprimantes 3D dans les villes ciblées par l’INEFJA, avec un accompagnement du Senfablab, mais elle se joue surtout dans les échanges entre parties prenantes sénégalaises, notamment avec le ministère de l’éducation nationale.

Dépasser le simple équipement des établissements pour mettre en place une grammaire d’usages dans le prolongement du travail collaboratif déjà réalisé par les communautés apprenantes de Ziguinchor signifierait :

– S’assurer de la maintenance, de l’évolutivité des machines (compétences en fabrication numérique)
– Former les enseignants et membres de l’INEFJA aux nouvelles possibilités apportées par les mises à jour des machines et logiciels démontrés.
– Animer la communauté éducative pour inventer de nouveaux outils avec ces machines (par exemple des repères orthonormés pré-imprimés, des fonds de carte, une gamme d’objets géométriques à toucher, des repérages d’accessibilité dans les établissements…)
– Intégrer un fablab professionnel d’intérêt général (ici le Senfablab) pour utiliser le potentiel du prototypage rapide (une aide technique pourrait être diffusée par téléchargement dans tout établissement équipé)
– Partager des fichiers « objets » pédagogiques re-matérialisables dans les établissements
– Réaliser régulièrement des sessions de partage et formation autour des usages
– Elargir ces usages bien au-delà de la Casamance…

A ce stade les ateliers de Ziguinchor sont prometteurs, comme de belles graines. Il ne manque plus que le terreau et la volonté de les irriguer pour diffuser dans le pays.

Un beau défi pour le Sénégal !

En annexe le bilan officiel de ces deux jours [pdf]

Ce billet a été rédigé avec l’aide de Modou Ngom, fondateur de notre partenaire Senfablab : merci !

Braillerap Senegal – les communs opérants

Notre président Hugues Aubin est actuellement à Dakar où le projet de déploiement de l’imprimante Braille open-source #Braillerap poursuit son expansion et son rôle d’emblème d’objet ouvert, réparable, améliorable, et refabricable « by design ».

Hugues au Grand Yoff à Dakar, lever du jour le 20 mai 2025

Il devient difficile désormais de narrer tous les rebonds qui se produisent autour de Stéphane Godin le développeur principal, et de Saad Chinoy qui pousse très fort le projet depuis Singapour sur l’asie : une machine fabriquée en Argentine par un papa pour son enfant, des élèves des Philippines réalisant une braillerap et l’améliorant pour passer leur diplôme, une équipe de la prestigieuse John Hopkins University fabriquant son embosseuse Braille en se passant de découpe laser pour imprimer le boitier en 3D avec succès, le formidable hackathon organisé par EUPHA – European Public Health Association durant la semaine européenne de la santé publique à Bruxelles la semaine dernière, en partenariat avec Ligue Braille asbl , deux machines construites dans un fablab à Plourin en Bretagne il y a quelques jours… Et cela rien que pour le mois écoulé !

Au Sénégal il s’agit d’abord de mettre en route une machine au SENFABLAB LAB , et de jouer sur plusieurs des nombreuses qualités de cette machine inclusive :

Philippe Pacotte et Stéphane Godin en 2016
  • la braillerap est l’embosseuse Braille la moins chère en coût de revient. La fabriquer en famille, en atelier, avec la documentation ouverte en accès libre demande de rassembler environ 300 € de pièces détachées et de s’allier avec un lieu de fabrication numérique capable de découper les morceaux du boîtier et d’imprimer en 3D les pièces spécifiques.
  • La braillerap se propage de la manière la plus écologique qui soit : par sa documentation et ses fichiers de fabrication numérique. Si vous êtes dans un pays où il y a de la visserie, des barres de métal, et des cartes d’imprimantes 3D, la braillerap est déjà potentiellement là sans déplacer un atome, un cargo, un avion, dans une logique de partage et de recomposition locale.
  • La braillerap réalise des transcriptions de textes dans toutes les langues (ateliers réalisés en Bhoutanais,par exemple, gagnant le prix du public lors de la rencontre mondiale des fablabs précédente avec Saad Chinoy )
  • la braillerap ne se contente pas d’embosser du papier. Elle est capable de faire du Braille avec des canettes de soda transformées en feuilles d’aluminium et donc de la signalétique extérieure résistant à l’oxydation à des coûts dérisoires. Vraiment dérisoires par rapport aux livrables industriels que l’ont voit par exemple pour les boutons d’ascenseurs des gares occidentales.
  • la braillerap est capable de transformer les lignes, dessins, cartes géographiques, formes géométriques, d’animaux en lignes pointillées en relief et donc de faire découvrir les informations pratiques, touristiques, de réaliser des documents pour l’enseignement non seulement via le texte, mais aussi via les formes (mathématiques, géographie, livres d’enfants permettant de découvrir pour la première fois les formes d’animaux)…
  • la braillerap est compatible avec des standards tels que les typologies et couches de data contenus dans open street map grâce au soutien de NLnet foundation . Vous accueillez des non-voyants dans une région ou une ville ? Pourquoi ne pas extraire autour d’un point les rues, transports publics, services, et en faire une carte annotée afin de leur permettre de se situer ?
  • la braillerap est un « commun opérant » , c’est à dire un commun conçu dès le début pour être accessible, réparable, tangible et pédagogique pour le plus grand nombre. Sans élitisme, mais avec la possibilité d’aller très loin dans les développements d’usages.
  • la braillerap est une histoire vraie, née dans le fablab MY HUMAN KIT en attachant un clou sur la tête d’une imprimante 3D pour frapper du papier. D’où son nom hommage au mouvement Reprap créé par adrian bowyer. C’est durant les ateliers réalisés dans le Fabrikarium de Mumbai qu’elle est née à Rennes, pour devenir le prototype de la machine actuelle en 2016, fruit du génie de Stéphane Godin et Philippe Pacotte .
  • la braillerap est aussi une suite de protocoles symboliques (documentés lors de Braillerap Cameroun notamment) en amélioration continue, pour synthétiser la prise de conscience de certains problèmes, changer le regard des personnes les unes sur les autres, partager et relier des personnes très différentes en cristallisant des moments inoubliables (lecture à haute voix de textes inconnus de tous par une personne non-voyant sanctionnant la fabrication, découverte tactile de l’intérieur de la machine par les personnes concernées suivie de brainstorming d’amélioration machine…).

Au Sénégal, nous essaierons de transporter une machine depuis Dakar à la rencontre des acteurs publics, pédagogues, familles, personnes concernées pour faire découvrir la braillerap, réaliser à la demande des documents restant sur place, collecter des besoins précis associés à des cas d’usages locaux. Ce « registre des besoins » pourra constituer l’armature d’un projet permettant d’équiper et de former tout le monde ensuite.

Si cela vous parait utopique, tant mieux. Car ce projet n’existerait pas s’il n’y avait dans son ADN l’espoir irraisonnable de réussir à aboutir au stade actuel.

Autre exemple d’utopie : alors que même les grandes villes comptent peu d’outils de transcription à la demande pour les personnes non voyantes, le petit village de Betton près de Rennes en France sera probablement cette semaine le mieux équipé du monde… Nous vous en reparlerons bientôt ! Tout cela parce qu’en croisant budget participatif, fablab local, communauté solidaire locale, projet ouvert à but non lucratif, avec la volonté des personnes concernées (coucou François LE BERRE ) on peut assembler 5 machines pour équiper les services publics locaux (centre social, bibliothèque, fablab…) tout en assurant la maintenance ou les réparations en cas de problèmes.

Nous espérons que ce projet vous ouvre de nouvelles perspectives dans ce que le Climate Change Lab appelle les communs opérants. Au travers du travail réalisé dans « la forge d’adaptations au changement climatique », 1000 pages de documentation ont été faites non seulement sur des solutions concrètes et mises dans le bien commun de l’humanité, mais aussi voire surtout sur les méthodes d’atelier permettant « d’embarquer le plus grand nombre ».

Braillerap est l’une de ces solutions. Une seule, mais pas n’importe laquelle.

A l’instar du projet Bionicohand de Nicolas Huchet , de MY HUMAN KIT , inventeur du mot « handipowerment », Braillerap est un précieux en tant que projet symbole de nouveaux possibles très différents de la seule logique de marché consommatrice de ressources, et des logiques de concurrence.

Si vous le voulez bien, consacrez maintenant pour vos enfants, une minute à cette idée : s’il y avait des milliers d’autres solutions de ce type pour faire face à ce qui advient, dans le domaine de la prévention et du soin, de l’eau, de l’énergie, du remixage écologique ou de l’aménagement de la « fermeture » de segments de l’héritage de notre l’anthropocène (coucou Alexandre Monnin) , pourquoi ne pas largement ouvrir la voie des communs opérants au lieu de raffiner le monde d’avant ?

Merci pour votre attention.

P.S. Ce post est 100% rédigé sans IA, en assumant ses « erreurs humaines » 🙂

Hackathon #braillerap Bruxelles : partageons !

Depuis 2016 le projet https://www.braillerap.org, initié au sein de l’association My Human Kit, trace son chemin. Pour rappel la Braillerap est une embosseuse braille open source réalisable à l’aide d’outils de fabrication numérique, capable non seulement de transcrire du texte, mais aussi des images, cartes, plans d’accès, formes d’animaux, échographies… Elle a été fabriquée par des équipes dans de nombreux fablabs français, mais aussi en Chine, Argentine, au Buthan, au Cameroun…

Le projet Braillerap est également lauréat du Hackaday assistive challenge monde 2023.

Cette machine se propage comme un objet libre, au travers d’ateliers participatifs regroupant des makers, des personnes concernées (parents, bénévoles, proches de non et mal voyants), des professionnels (transcripteurs, responsables de services accessibilité, enseignants spécialisés) et des volontaires qui ensemble et en moins de deux jours fabriquent les machines qui sont ensuite données à des personnes ou des organisations.

Nous avons le plaisir d’annoncer l’organisation exceptionnelle d’un Hackathon Braillerap ouvert à tous et toutes, par l’EUPHA, European Public Health Association.

Cette organisation a but non lucratif vise à défendre la santé publique au niveau européen, et rassemble de nombreux acteurs expert(e)s qui pourront découvrir le potentiel de la fabrication numérique et des objets ouverts à l’occasion de cet événement exceptionnel.

Vous êtes dans un lieu de fabrication numérique ? Intéressé(e) par la question de l’accessibilité et des bien communs ? Soucieux de rapprocher le monde institutionnel de la santé des alternatives de communs ? Proche d’une personne non ou mal voyante ? Ou alors simplement une personne volontaire souhaitant vivre une expérience exceptionnelle ?

Alors venez construire de vos mains, en bonne compagnie, trois embosseuses brailles en partenariat avec l’EUPHA sous la houlette de Stéphane Godin, développeur principal du projet, et de Hugues Aubin.

Une embosseuse Braillerap

Ne manquez pas cette occasion !

Val d’Yerres, Val de Seine : merci !

Hugues (CClab), Stéphane (CCLab, Astrolabe), Laura (médiathèque de Vigneux), Christophe (DEMOS), Anne (Réseau des médiathèques Val d’Hyerres, Val de Seine, groupe numérique), Gregory (réseau des médiathèques, super médiateur).

Vendredi 30 et samedi 31 janvier 2025 nous étions sur le territoire de la communauté de communes du Val d’Yerres Val de Seine à l’invitation du réseau des médiathèques afin de partager le projet « Sylvestre Orchestre et la musique des plantes » avec le grand-public, les élèves d’écoles primaires participant au programme DEMOS de l’orchestre philharmonique de Paris, et les intervenants de ce programme sur place.

Une aventure qui a rapidement tourné à la bonne humeur grâce à l’accueil de l’équipe, trés bien organisée et motivée, et qui croise allégrement accessibilité à la culture, cohésion sociale, découverte du numérique et expérimentation d’usages.

Le stand à la médiathèque de Crosne. Avec la championne des boutures de la médiathèque 🙂

Stéphane Godin et Hugues Aubin ont été nos deux émissaires, et sont partis de Rennes avec un maximum de dispositifs permettant de relater l’histoire du projet, de la signalétique de stand réalisée au superbe fablab de Janzé situé à la Canopée (merci Pierre), et un nouveau prototype.

Il est toujours agréable de venir pour rencontrer des publics nouveaux, variés en âges, mais aussi des professionnels aussi investis et souriants !

Mise en lumière et couleurs pilotées par l’activité électrique du ficus à la médiathèque de Vigneux.

Le vendredi après-midi, nous avons installé un dispositif sonore et lumineux sur un beau ficus de la médiathèque de Vigneux. Une excellente surprise nous attendait : la venue de Christophe Boissière, du programme DEMOS, à qui nous avions envoyé un kit d’essai, et que nous avons aidé à utiliser son ordinateur et ses logiciels pour traiter les signaux émis par les plantes et notamment les notes de musiques transmises par notre boitier.
Envie, enthousiasme et curiosité : voici notre potion magique et on peut dire qu’elle n’a pas manqué 🙂

Vue de stand, fin de montage samedi matin à la médiathèque de Crosne

Samedi, le jour J, nous sommes allés à la rencontre du public avec un stand monté cette fois-ci à la médiathèque de Crosne pour faire découvrir comment on peut « faire chanter les plantes pour les faire aimer ». Enfants en bas âge venus avec leurs plantes que nous avons fait chanter, échanges sur le processus technique, mais aussi réactions intéressantes sur le fond, notamment grâce à la présence d’un bénévole lançant sur place une pratique que nous aimons beaucoup : les cafés philos.

Nous avons pu profiter de la banque de boutures sur place, mais aussi du fer à souder pour récupérer quelques accrocs de voyage, cela grâce à une équipe formidable et bienveillante (merci Philippe, Delphine !).

Le midi, nous avons rejoint la médiathèque de Vigneux, partagé un repas là encore avec une équipe très accueillante, ce qui nous a permis de découvrir des pépites notamment le « code en bois » (merci Grégory !).

En début d’après midi, nous avons mis en marche un dispositif son et lumière permettant de générer son et couleurs sur la base de l’activité électrique du grand ficus de la médiathèque, puis nous avons accueilli les enfants participant au programme DEMOS.

Stéphane Godin avec les enfants en pleine action 🙂

Assez vite, après une courte phase de présentation, les enfants ont envahi le stand de tous côtés, manipulé le son, les plantes, et nous ont bombardé de questions. Un moment très très sympathique modéré par des accompagnants professionnels et sereins.

Présentation du projet, explications et échanges.

Puis, à partir de 16h00, les usagers de la bibliothèques et les publics du festival Planète pixels, cette-fois ci dans une configuration plus proche de la conférence, ont pu découvrir le dispositif, son histoire, ses objectifs, mais aussi partager leurs interrogations sur la nature sensible des plantes comme nous avons partagé nos rêves de lignes de fuite (notamment l’utilisation du système pour piloter des éclairages de spectacle).

Tous petits, scolaires, parents, curieux, seniors, les intervenants de DEMOS, autant de visages souriants, curieux et bienveillants qui font du bien et valident pour nous l’intérêt de ce projet qui permet de tisser du lien autour du vivant.

Un remerciement à toutes les équipes des médiathèques du réseau et tout particulièrement Anne Zimmer qui nous a contacté via ce site internet et mis en relation avec DEMOS et son équipe. Egalement à l’équipe du projet DEMOS et à Christophe Boissière qui nous a fait un joli petit cadeau samedi en nous faisant écouter son violoncelle jouant avec une plante. Un extrait trés intéressant…

Rendu de couleurs générées par l’arbre (système de projection DMX)

Notre petit doigt nous dit que l’histoire n’est pas terminée avec ce territoire maillé de belles personnalités ouvertes à l’exploration : pour nous en tout cas, l’expérience était belle. Alors encore MERCI !

P.S. Si vous aussi vous avez des idées, c’est simple, pour participer à ce projet ou le démontrer avec nous : contactez-nous !

Val d’Yerres, Val de Seine : Sylvestre Orchestre remet ça en 2025 :-)

Avec Stéphane Godin, membre du Climate Change Lab et développeur principal du projet Sylvestre Orchestre, nous ferons une fois de plus chanter les plantes pour les faire aimer, cette-fois grâce à l’invitation du réseau des médiathèques de la Communauté d’Agglomération Val d’Yerres Val de Seine pour le festival PLANETE PIXEL 2025.


Rendez-vous le 1er février 2025:

10h30 – CrosneMédiathèque Jacqueline de Romilly
Tout public – Sur inscription

« Faire chanter les plantes pour les faire aimer. Le projet semble fou et pourtant ce dispositif a fait ses preuves, alors n’hésitez pas à venir en famille pour assister à cette
démonstration. Ce procédé permet de transformer l’activité chimique et électrique des plantes en notes de musique, un savoureux mélange de magie et de science.

Pour que l’expérience soit encore plus intéressante, pensez à apporter
votre plante !
« 

16h00 – VigneuxMédiathèque Charlotte Delbo

« Avez-vous déjà entendu le chant d’un arbre ou d’une plante ?
Sylvestre Orchestre vous propose une expérience artistique, ludique et inédite avec le monde du végétal.
Éveiller les consciences, ouvrir les échanges sans aucunes prétentions savantes voilà l’objectif de ce collectif.
Venez vous offrir un moment de tranquillité en vous immergeant au sein d’une installation des plus étonnante. »


Tout public – Entrée libre

Nous en profiterons pour rencontrer l’équipe du programme DEMOS de l’orchestre philharmonique de Paris, à qui nous avons envoyé un kit d’essai, pour échanger sur le potentiel pédagogique de ce projet.

Le programme de toute la manifestation vaut le détour : venez en profiter !

Voir et télécharger le programme

Assemblée générale 2024 : cap sur 2025 !

Le 26 décembre 2024 à 20h00, nous nous sommes réunis pour l’Assemblée générale ordinaire de l’association Climate Change Lab.

L’association est en ordre de marche pour 2025 avec le bureau suivant :

– Président : Hugues Aubin
– Vice-présidente : Audrey Lohard
– Secrétaire : Sophie Mahéo
– Trésorier : Nicolas Pousset

Le Procés Verbal est disponible en téléchargement.

Un immense merci aux participants ! Mettons le cap sur une nouvelle année avec de beaux projets outillés par les communs numériques !

Make Africa 2024

Nos amis du Réseau Francophone des Fablabs d’Afrique de l’Ouest organisent au mois de décembre la grande convention annuelle des makers et lieux du Faire pour une édition diffusée en ligne et consacrée au thème : « Fabriquons demain ensemble ».


Une fois de plus nous avons la chance de pouvoir participer à l’invitation de nos camarades du sud, et interviendrons le mercredi 11 décembre à 14h GMT (15h de Paris) sur le thème « Forgeons des communs opérants ».

L’idée est que le partage dans le bien commun et la renonciation à l’exclusivité ouvrent des chemins concrets pour résoudre de très nombreux problèmes liés à l’activité humaine dans les limites planétaires et dans le contexte du changement climatique. Mais qu’il ne suffit pas d’inventer et de partager ces solutions dans les communs. Il faut les rendre accessibles, appropriables et concrètes pour impliquer démocratiquement les populations dans leur usage pour un futur meilleur. De même qu’il faut s’entraîner à leur gouvernance.

D’où le concept de « biens communs opérants », des communs accessibles, appropriables, voire « incarnés » pour impliquer le plus grand nombre de manière non élitiste. Objectifs : maintenir ensemble les viviers de solutions, développer la mise en capacité des personnes pour se les appliquer, apprendre à coopérer au lieu de s’affronter autour de ressources rares dans les années qui viennent.

Nous vous conseillons d’aller voir la très belle programmation de cette édition qui croise ateliers de vulgarisation de prototypes, découvertes techniques, et échanges de fond : foncez la voir !

Conférence : Forgeons des communs opérants / Make Africa 2024
Intervenant: Hugues AUBIN
Président du Climate Change Lab – CCLAB – Forge CC.
Membre du Réseau Français des FabLabs
(France)
Date: mercredi 11 déc 2024
Heure: 14h00 – 15h00 (GMT)

Gratuit et ouvert à tous et toutes : rendez-vous sur https://makeafrica.net

Un samedi magique

Le samedi 14 septembre, nous avons pu partager une journée extraordinaire : celle de l’inauguration du nouveau local de la grande recyclerie associative de Rennes, la Belle déchette, aux Halles en Communs à Rennes.

La foule à l’inauguration de La Belle Déchette le 14/09/2024

En effet, à l’instigation de Quentin Orhant, proche du CClab, nous avons pu monter une installation expérimentale de « Sylvestre Orchestre, la musique des plantes » sur un chêne magnifique, le dernier présent sur le site. L’idée était de partager avec le plus grand nombre en profitant de la grande affluence des publics, de 14h00 à minuit. L’équipe a rassemblé Quentin, ALI, Stéphane Godin et Hugues Aubin.

Montage de l’installation en hauteur


Au programme, deux séquences et un essai inédit :

– Un temps d’échange, explications et découverte permettant d’ouvrir les échanges et de faire médiation autour de la musique générée par deux feuilles de l’arbre, de 14h00 à 20h00.

Magnifique panneau réalisé par le fablab de La Belle Déchette – Merci Valentin !
Du monde tout l’aprés-midi avec la découverte du dispositif


– Un temps d’installation fonctionnant seul avec un espace convivial pour se détendre sous l’arbre, sans médiation et laissant la place à l’expérience sensible (merci à Rennes Métropole pour ses transats !) activé à la tombée de la nuit, jusqu’à minuit.

L’essai inédit fut de générer des couleurs à partir des variations électriques détectées dans deux feuilles de l’arbre, à l’aide d’un nouveau développement sur le code permettant cette fois-ci non pas de transformer l’activité électrique en notes de musiques au standard MIDI, mais de la transformer en mélange de Rouge, Vert et Bleu (RVB) au standard d’éclairage de spectacle DMX. Une idée concrétisée avec brio par Stéphane Godin, le développeur de Braillerap.

Nos lanieres pour accrocher les projecteurs et le dispositif

L’équipe a donc installé des projecteurs programmables fixés aux branches avec des lanières en chambre à air de vélo (pour ne pas blesser l’arbre), ainsi que le dispositif électrique. Objectif faire pulser des couleurs dans la ramure.

Comme le montrent les photographies ci-dessous (cc by SA Stéphane Godin), le résultat fut magique ! Non seulement la phase de médiation fut un succès tout l’aprés-midi, mais surtout, des groupes de personnes se sont installés sous l’arbre jusqu’au démontage après minuit, ce qui nous semble valider la qualité esthétique et sensible de nos réglages.

Illuminations pilotées par deux électrodes fixées sur deux feuilles du chêne (mélange RVB)

Les rencontres faites ce jour entrainent déjà de nouveaux possibles : partage avec un musicien du Centre de Formation des Musiciens Intervenants, réseau de médiathèques, étudiante en art numérique… L’aventure continue avec de belles perspectives pour les essais visuels associés au son ! Un grand merci à tous ceux et celles, trés trés nombreux, qui sont venus découvrir Sylvestre Orchestre !

Le Climate Change Lab remercie chaleureusement La Belle Déchette et Territoires : Quentin Orhant, ALI, Medhi Teffahi pour leur confiance et cette collaboration, enfin à Rennes !

Illuminations pilotées par deux électrodes fixées sur deux feuilles du chêne (mélange RVB)
Illuminations pilotées par deux électrodes fixées sur deux feuilles du chêne (mélange RVB)

Magique on vous dit !